La malette du fouilleur débutant

Posted on décembre 29th, 2008 in Archéologie pratique, JOURNAL DE BORD, SUR LE TERRAIN by admin

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Qui n’a jamais rêvé de posséder son propre matériel pour le terrain. Je me souviens que dès mes premiers chantiers, j’ai eu envie    de posséder MA truelle, MES pinceaux etc… Bien évidemment, j’ai renoncé à posséder MON piochon, ou MA pioche car un peu trop encombrant à mon goût !!! Mais pour le reste, voilà les indispensables à avoir quand on commence à faire sa mallette. Rappelons toutefois que ce n’est pas une obligation et que les chantiers de fouilles ont le devoir de fournir le matériel indispensable au bon déroulement de la fouille.

- Assez inévitable : une truelle - le mieux est d’avoir essayé plusieurs formes et tailles afin de savoir avec laquelle on est le plus à l’aise. Cependant, pour une utilisation polyvalente, je préfère sans aucun doute les truelles en losange, forgées de préférence, mais quand on est étudiant et qu’on n’a pas les moyens, une truelle de chez Leroy Merlin est un bon compromis. L’idéal à mon sens est d’en posséder deux : la losange permet de travailler dans à peu près n’importe quel substrat. Mais pour faire les coupes, comme je suis un peu feignante et affreusement perfectionniste, je préfère utiliser une truelle triangulaire ou en langue de chat (après la préférence est variable selon les personnes) : ça permet de faire des coupes bien lisses et bien jolies. En conclusion, j’ai passé des années avec des truelles pas chères, ben c’est sûr que c’est moins solide et un peu moins confortable, mais ça marche bien quand même ! Dernier conseil : privilégier les manches en bois, qui amortissent mieux les chocs.

Truelle Marshalltown

Truelle Marshalltown

- quelques pinceaux : tous ne se valent pas mais rien n’est plus difficile à réaliser qu’une typologie des pinceaux… alors, vous verrez bien !

- Un mètre déroulant - quand on en a qu’un, prendre plutôt un 5 m. Personnellement, je préfère aussi en voir un petit de 2 m, plu maniable pour les relevés de petites structures.

- Des gants - on sait jamais sur quoi on peut tomber : entre les herbes à arracher parfois en fouilles programmées (sans compter les orties qui se cachent), ou les bestioles à enlever de dessous les bâches (genre crapauds qui nous font un petit pipi de peur dans la main), mieux vaut en être pourvus. Mes premiers gants étaient des gants de jardinage verts et blancs très laids…

- Un niveau à bulles - tous les chantiers en sont pourvus mais généralement, il n’y en a pas assez et en plus, ça se perd vite !!! Là encore, une boutique de bricolage suffit.

- Une trousse - avec tout l’attirail : règle métallique avec le zéro au bord, critérium (à acheter par gros paquet parce qu’on se les fait chourrer et que ça se perd facilement), gomme, ficelle (pour les relevés : perso, je prends de la ficelle en coton parce que le synthétique s’entortille trop), et en option mais c’est bien pratique, des pinces pour tenir les relevés sur les trames et les ficelles sur les clous de relevé !

- Une boussole - toujours pratique et toujours utile et puis ça sert aussi en randonnée alors !

- Un carnet de note - ça j’avoue que c’est quelque chose de personnel. J’ai toujours eu un carnet de note, au début pour noter les protocoles pour certaines actions etc… Maintenant, je l’utilise lorsque je fouille des structures particulières ou de grande ampleur. Ca permet de noter au fur et à mesure sans courir tout le temps après les cahiers d’enregistrement, ça permet de réfléchir sur l’ensemble car on a toujours les notes précédentes sous la main. Après, si vous souhaitez faire la même chose, le mieux est de demander l’avis du responsable. En effet, autant certains apprécient grandement cette méthode de travail,  autant d’autres le prennent plutôt mal. Autant se mettre au clair là-dessus de suite.

- Un contenant pour tout ce bazar : je privilégie les mallettes en plastiques tout simplement parce qu’elles résistent à l’eau, même s’il y a quelques infiltrations.

J’ai débuté avec pas grand chose mais la trousse s’étoffe au fil des étés et au fil des chantiers. Par la suite, la trousse peut s’étoffer :

- spatules pour la fouille fine

- décamètre déroulant pour le relevé sur de grandes surfaces

- outils de dentiste pour la fouille très fine genre sépulture

- multiplication des truelles selon les besoins

- fil à plomb

- et il doit y en avoir d’autres que j’oublie.

outils de dentiste

outils de dentiste

Pensez toujours que quand on débute sur les chantiers, avoir son matériel de fouille n’est pas une obligation. J’ai attendu deux ou trois ans avant d’investir dans du matériel. Certaines personnes refusent également d’acheter quoi que ce soit, pensant que c’est au chantier de fournir le matériel : c’est vrai ! Mais on a beau dire, quand on se sent à l’aise avec une truelle, on a plus vraiment envie d’en changer ! Et puis on s’y attache à ces petites bêtes !

Dernier conseil : n’hésitez pas à marquer votre matériel de fouille afin qu’il soit reconnaissable et qu’il ne disparaisse pas par mégarde. On trouve notamment de très bons collants colorés ou alors dessinez un petit symbole au marqueur indélébile.

Pour vous procurer tout cela, il y a diverses possibilités. La première, je l’ai déjà évoquée, c’est le bon vieux magasin de bricolage. Pour commencer, c’est l’idéal ! Par la suite, quand vous aurez plus d’expérience et peut être aussi plus de moyens, vous pourrez vous tourner vers l’achat en boutique spécialisée. Je ne vais pas m’amuser à recopier tous les liens que je connais : ces derniers sont déjà  répertoriés sur le site Archeolandes : ICI

Comparez bien les prix proposés sur les sites internet et surtout, n’oubliez pas de prendre en compte les frais de ports, qui sont parfois très importants !!! On peut parfois être désagréablement surpris de ce côté là !

Comment gérer le mobilier archéologique sur le terrain

Posted on décembre 14th, 2008 in Archéologie pratique, JOURNAL DE BORD by admin

Petit tour d’horizon des cas de figure le plus souvent rencontrés :

Comment gérer au mieux le métal sur le terrain ?

Lorsque l’on sort un objet en métal de terre, il est préconisé d’enlever l’excédent de terre non pas avec sa truelle comme nous avons tendance à le faire trop souvent mais avec des éléments en bois, qui feront moins de dégât (type cure-dent ou bâton de brochette par exemple).

En ce qui concerne l’enregistrement, le mieux est d’individualiser par type de métlal (fer/alliage cuivreux). Il est préconisé d’individualiser le plus les sachets, notamment pour les éléments en alliage cuivreux. Cela évitera les contaminations et les écrasements entre objets lourds et légers. Les sachets (type Minigrip) doivent être perforés afin d’éviter condensation et absorption d’humidité par les objets.

Favoriser l’individualisation des sachets dans des petites boites.

Comment gérer le verre ?

Si le verre est sain, il suffit de le placer dans un sachet Minigrip perforé pour qu’il sèche lentement. Par la suite, le nettoyage doit se faire avec des cotons-tiges imbibés d’ethanol.

Si le verre est altéré, le mieux est de le prélever avec un peu de sédiment environnant. Après, ce sera aux spécialistes d’entrer en piste.

Comment gérer la céramique ?

Attention, toutes les céramiques ne se lavent pas à l’eau. Certaines, notamment les céramiques protohistoriques, sont très fragiles et se délitent complètement … comme des savonnettes : affreux ! De plus, il faut être prudent : il arrive que l’on trouve des céramiques peintes… qui n’auront plus de peinture une fois passées à l’eau. S’il vous faut nettoyer ce type de céramique, d’expérience, le mieux est un brossage doux et à sec. J’ai le souvenir d’avoir vu quelqu’un créer des décors de peignage en lavant des tessons proto…

Pour les autres types de céramique, lavage à l’eau et à la brosse douce. Penser à nettoyer les tranches mais sans trop insister. Ne pas s’énerver sur les concrétions qui ne partent pas, elles peuvent avoir leur importance ! Séchage à l’air libre, idéalement sur claies.

Petit détail : à la fouille, pensez à individualiser en Minigrip les éléments écrasés en place, ce sera toujours du temps de gagné !

Archéologie et sciences complémentaires

Posted on décembre 14th, 2008 in Archéologie pratique, SUR LE TERRAIN by admin

L’archéologie ne peut se satisfaire de ses propres résultats et doit faire appel à différentes disciplines. Ces dernières nous aident à comprendre des phénomènes que nous ne pouvons percevoir directement sur le terrain et nous apportent des résultats le plus souvent d’un grand intérêt. Ces disciplines peuvent faire appels à différents domaines. Voici une liste générale qui vous permettra de mieux comprendre que l’archéologie se doit d’intégrer d’autres disciplines pour obtenir de bons résultats. Chaque discipline sera très succinctement expliquée.

Les disciplines liées au sol :

- Géologie : discipline qui étudie la composition de la Terre, sa formation, sa structure, les matériaux qui la composent et les différents processus qui agissent sur elle. C’est la science générale à laquelle se rapportent celles qui suivent.

- Géomorphologie : disciplines relative à la géologie et qui se concentre sur les reliefs terrestres.

- Micromorphologie : la micromorphologie s’intéresse tout particulièrement à la microscopie des sédiments meubles. En archéologie, cela permet de mieux comprendre les conditions de dépôts des sédiments qui composent certaines unités des sites archéologiques.

- Pédologie : sicence qui étudie les processus de formation et d’évolution des sols sous les contraintes naturelles et anthropiques.

Les disciplines liées à l’homme :

- Anthropologie: discipline qui se concentre sur l’étude de l’homme en tant qu’être physique mais aussi culturel. Il existe différentes disciplines anthropologiques : l’anthropologie physique qui est utilisée en archéologie pour l’étude de corpus funéraires mais également l’anthropologie culturelle, économique, sociale, qui sont des disciplines plus liées à l’ethnologie et dont l’utilisation en archéologie est parfois soumise à controverse.

- Paléodémographie : discipline issue de l’anthropologie physique et qui se pose des questions quant aux changements démographiques intervenus après des innovations importantes (utilisation du feu, sédentarisation).

- Paléopathologie : discipline qui consiste à identifier par des moyens modernes des maladies identifiables par l’étude des ossements humains, ce qui permet de se faire une idée de l’état des populations du passé.

- Archéothanatologie : ce terme, inventé par H. Duday, recouvre l’étude des processus relatifs au domaine funéraire. Certains aspects précis des rites peuvent être appréhendés par l’étude des restes humains en contexte archéologique. Cette discipline permet de se faire une idée parfois précise des structures funéraires et du milieu d’enfouissement relatif à un défunt.

- Paléogénétique : discipline qui étudie l’ADN. Lorsque les conditions le permettent, l’ADN peut se conserver et donner des informations importantes sur les défunts et leur situation dans une nécropole. Cela peut par exemple permettre de mettre en avant l’existence de regroupements familiaux au sein de l’espace sépulcral.

Les disciplines liées au domaine de la physique et relatives à la datation :

- Carbone 14 : cette discipline permet de dater grâce à la désintégration progressive de cette molécule toute organisme composé de carbone.

- Dendrochronologie : cette discipline permet, par l’étude des cernes des arbres, de dater le bois de manière précise. Toutefois, cette technique pose des interrogations quant à son utilisation en archéologie car certaines datations ont montré des incohérences totales entre les données de dendrochronologie et les informations purement archéologiques. Cela peut être à mettre en relation avec l’utilisation même du bois (réutilisation de bois anciens dans certains bâtiments par exemple).

- Thermoluminescence : principe de datation adapté aux éléments ayant subi une cuisson. Cela est utile quant à la datation de poteries, d’éléments architecturaux en terre cuite (brique…), sculptures en terre cuite, fours (la datation de concernera que la dernière utilisation du four), bronze (noyau), pierres brûlées des foyers, outils et éclats de silex chauffés.

Il ne s’agit là que d’une liste générale et de quelques explications. Si vous le désirez, nous pourrons revenir sur certains points à votre demande.