La malette du fouilleur débutant

Qui n’a jamais rêvé de posséder son propre matériel pour le terrain. Je me souviens que dès mes premiers chantiers, j’ai eu envie de posséder MA truelle, MES pinceaux etc… Bien évidemment, j’ai renoncé à posséder MON piochon, ou MA pioche car un peu trop encombrant à mon goût !!! Mais pour le reste, voilà les indispensables à avoir quand on commence à faire sa mallette. Rappelons toutefois que ce n’est pas une obligation et que les chantiers de fouilles ont le devoir de fournir le matériel indispensable au bon déroulement de la fouille.
- Assez inévitable : une truelle - le mieux est d’avoir essayé plusieurs formes et tailles afin de savoir avec laquelle on est le plus à l’aise. Cependant, pour une utilisation polyvalente, je préfère sans aucun doute les truelles en losange, forgées de préférence, mais quand on est étudiant et qu’on n’a pas les moyens, une truelle de chez Leroy Merlin est un bon compromis. L’idéal à mon sens est d’en posséder deux : la losange permet de travailler dans à peu près n’importe quel substrat. Mais pour faire les coupes, comme je suis un peu feignante et affreusement perfectionniste, je préfère utiliser une truelle triangulaire ou en langue de chat (après la préférence est variable selon les personnes) : ça permet de faire des coupes bien lisses et bien jolies. En conclusion, j’ai passé des années avec des truelles pas chères, ben c’est sûr que c’est moins solide et un peu moins confortable, mais ça marche bien quand même ! Dernier conseil : privilégier les manches en bois, qui amortissent mieux les chocs.

Truelle Marshalltown
- quelques pinceaux : tous ne se valent pas mais rien n’est plus difficile à réaliser qu’une typologie des pinceaux… alors, vous verrez bien !
- Un mètre déroulant - quand on en a qu’un, prendre plutôt un 5 m. Personnellement, je préfère aussi en voir un petit de 2 m, plu maniable pour les relevés de petites structures.
- Des gants - on sait jamais sur quoi on peut tomber : entre les herbes à arracher parfois en fouilles programmées (sans compter les orties qui se cachent), ou les bestioles à enlever de dessous les bâches (genre crapauds qui nous font un petit pipi de peur dans la main), mieux vaut en être pourvus. Mes premiers gants étaient des gants de jardinage verts et blancs très laids…
- Un niveau à bulles - tous les chantiers en sont pourvus mais généralement, il n’y en a pas assez et en plus, ça se perd vite !!! Là encore, une boutique de bricolage suffit.
- Une trousse - avec tout l’attirail : règle métallique avec le zéro au bord, critérium (à acheter par gros paquet parce qu’on se les fait chourrer et que ça se perd facilement), gomme, ficelle (pour les relevés : perso, je prends de la ficelle en coton parce que le synthétique s’entortille trop), et en option mais c’est bien pratique, des pinces pour tenir les relevés sur les trames et les ficelles sur les clous de relevé !
- Une boussole - toujours pratique et toujours utile et puis ça sert aussi en randonnée alors !
- Un carnet de note - ça j’avoue que c’est quelque chose de personnel. J’ai toujours eu un carnet de note, au début pour noter les protocoles pour certaines actions etc… Maintenant, je l’utilise lorsque je fouille des structures particulières ou de grande ampleur. Ca permet de noter au fur et à mesure sans courir tout le temps après les cahiers d’enregistrement, ça permet de réfléchir sur l’ensemble car on a toujours les notes précédentes sous la main. Après, si vous souhaitez faire la même chose, le mieux est de demander l’avis du responsable. En effet, autant certains apprécient grandement cette méthode de travail, autant d’autres le prennent plutôt mal. Autant se mettre au clair là-dessus de suite.
- Un contenant pour tout ce bazar : je privilégie les mallettes en plastiques tout simplement parce qu’elles résistent à l’eau, même s’il y a quelques infiltrations.
J’ai débuté avec pas grand chose mais la trousse s’étoffe au fil des étés et au fil des chantiers. Par la suite, la trousse peut s’étoffer :
- spatules pour la fouille fine
- décamètre déroulant pour le relevé sur de grandes surfaces
- outils de dentiste pour la fouille très fine genre sépulture
- multiplication des truelles selon les besoins
- fil à plomb
- et il doit y en avoir d’autres que j’oublie.

outils de dentiste
Pensez toujours que quand on débute sur les chantiers, avoir son matériel de fouille n’est pas une obligation. J’ai attendu deux ou trois ans avant d’investir dans du matériel. Certaines personnes refusent également d’acheter quoi que ce soit, pensant que c’est au chantier de fournir le matériel : c’est vrai ! Mais on a beau dire, quand on se sent à l’aise avec une truelle, on a plus vraiment envie d’en changer ! Et puis on s’y attache à ces petites bêtes !
Dernier conseil : n’hésitez pas à marquer votre matériel de fouille afin qu’il soit reconnaissable et qu’il ne disparaisse pas par mégarde. On trouve notamment de très bons collants colorés ou alors dessinez un petit symbole au marqueur indélébile.
Pour vous procurer tout cela, il y a diverses possibilités. La première, je l’ai déjà évoquée, c’est le bon vieux magasin de bricolage. Pour commencer, c’est l’idéal ! Par la suite, quand vous aurez plus d’expérience et peut être aussi plus de moyens, vous pourrez vous tourner vers l’achat en boutique spécialisée. Je ne vais pas m’amuser à recopier tous les liens que je connais : ces derniers sont déjà répertoriés sur le site Archeolandes : ICI
Comparez bien les prix proposés sur les sites internet et surtout, n’oubliez pas de prendre en compte les frais de ports, qui sont parfois très importants !!! On peut parfois être désagréablement surpris de ce côté là !